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1966 - Fuera Yankis! de George Mattei, Saint Domingue, durée 37 minutes
1966 - Fuera Yankis! de George Mattei, Saint Domingue, durée 37 minutes
Version integrale du film Fuera Yankis! de George Mattei, Saint Domingue, 1966, durée 37 minutes
Crise et Élections en République Dominicaine (1961-1966) : De la Révolution Constitutionnaliste à l'Occupation
Les événements politiques et militaires majeurs survenus en République Dominicaine entre l'assassinat du dictateur Trujillo en 1961 et les élections controversées de juin 1966. Il s'appuie sur les témoignages et les données factuelles issus du contexte documentaire fourni.
1. Contexte Historique : De la Dictature à la Démocratie Fragile (1961-1963)
L’histoire récente de la République Dominicaine est marquée par une transition violente après trois décennies de régime autocratique.
• L’après-Trujillo (1961) : Après l'assassinat du dictateur Trujillo (surnommé le « bfa »), Joaquín Balaguer, ancien conseiller et porte-parole du régime, est choisi par la CIA pour assurer la succession afin de maintenir le statu quo.
• L’intermède démocratique (1962) : En 1962, le peuple dominicain exprime une volonté de changement radical. Juan Bosch, leader du Parti Révolutionnaire Dominicain (PRD), remporte la présidence au suffrage universel après 30 ans de dictature sanglante. Cette période marque une ère brève de liberté et d’indépendance.
• Le coup d'État (1963) : Juan Bosch est renversé par un triumvirat militaire, décrit comme l'héritier spirituel de Trujillo, qui rétablit les méthodes de répression antérieures.
2. L’Insurrection d’Avril 1965 et l'Intervention Étrangère
Le 24 avril 1965, une révolte éclate pour restaurer l'ordre constitutionnel.
Le Mouvement Constitutionnaliste
Un groupe de jeunes officiers, dirigés par les colonels Caamaño et La Chapelle, décide de rétablir la Constitution de 1963 et le gouvernement légal de Bosch. Ils distribuent des armes au peuple, et les organisations de gauche se joignent au mouvement.
L'Intervention des États-Unis
Sous le prétexte d'assurer la sécurité d'une quarantaine de résidents nord-américains, le président Lyndon B. Johnson ordonne une intervention militaire. La réalité politique, exprimée par Johnson lui-même, est d'empêcher « l'établissement d'un autre gouvernement communiste » dans l'hémisphère, citant l'expérience de Cuba comme un précédent à ne pas répéter.
Bilan de l'Intervention
• Forces en présence : 8 000 soldats nord-américains et brésiliens forment une « Force interaméricaine de paix ».
• Tactiques : Bombardements, mitraillages de populations civiles, exécutions sommaires et terreur politique.
• Siège militaire : Les forces constitutionnalistes se retrouvent isolées dans la capitale, notamment dans le secteur de Santa Barbara et autour du Camp du 27 février. Ce camp était littéralement encerclé par le 504e bataillon d'infanterie des États-Unis, des unités blindées nationales et la police nationale.
3. Les Élections du 1er Juin 1966
Le scrutin de 1966 s'est déroulé dans un climat de tension extrême, sous occupation militaire étrangère.
Les Candidats Principaux
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Candidat
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Parti / Affiliation
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Positionnement
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Joaquín Balaguer
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Parti Réformiste (« El Gallo Colorado »)
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Soutenu par la CIA et l'Église ; présenté comme le candidat de la « paix ».
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Juan Bosch
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PRD
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Leader constitutionnaliste ; visé par une campagne de dénigrement de l'Église le liant au « diable ».
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Un Processus Électoral Contestable
Le système de vote mis en place facilitait les irrégularités :
• Aucune liste électorale n'était requise.
• L'identification consistait à tremper un doigt dans l'encre rouge et à se faire raser quelques poils sur l'avant-bras. Cependant, l'encre s'effaçait facilement et tous les électeurs n'étaient pas « velus ».
• Balaguer a obtenu que les femmes puissent voter sans pièce d'identité et n'importe où.
4. Analyse des Résultats et Allégations de Fraude
Le 2 juin 1966, les résultats annoncent la victoire de Balaguer.
• Chiffres officiels : Balaguer obtient 754 409 voix contre 517 784 pour Bosch.
• Preuves de fraude : Le document rapporte de nombreuses irrégularités flagrantes :
◦ Urnes volées retrouvées scellées ou éventrées dans des terrains vagues.
◦ Bulletins de vote jetés dans les caniveaux.
◦ Assassinats de responsables de bureaux de vote.
◦ Erreurs mathématiques manifestes dans certaines localités comme Barahona (où le nombre de voix attribuées aux suppléants ne correspondait pas aux votes principaux).
5. Climat Social et Réactions
Contrairement à l'euphorie de la victoire de Bosch en 1962, le triomphe de Balaguer en 1966 est accueilli par un silence pesant.
• Réaction populaire : La population, frappée de stupéfaction, ne manifeste aucune joie. Le climat est décrit comme celui d'un pays « en deuil ».
• Le rôle de l'Église : L'institution ecclésiastique, qualifiée de « plus réactionnaire d'Amérique Latine », s'est ouvertement réjouie de la défaite de Bosch.
• Perspectives des combattants : Les survivants de l'armée constitutionnaliste voient leur révolution écrasée par l'OEA (Organisation des États Américains), dont la bannière a servi à protéger le retour des régimes autoritaires et à restaurer l'armée réactionnaire de Godoy.
En résumé, les élections de 1966 sont présentées comme une opération de restauration de l'ordre ancien, orchestrée sous la pression militaire étrangère et entachée par une fraude grossière mais efficace, mettant fin à l'espoir de souveraineté porté par le mouvement d'avril 1965.
